L'histoire:
Un soir Amédée, un de ces hommes qui vit de la terre, qui vit en louant ses bras de ferme en ferme, rencontre Albin. Albin lui ouvre son coeur, décharge sa peine, le secret qu'il porte.
Mon avis:
Il est difficile de rentrer dans ce livre. Les phrases sont rocailleuses, comme la terre que Giono aime tant. Elles ont du mal à sortir, comme le secret qu'Albin a coincé dans sa gorge.
Puis elles coulent avec beaucoup plus d'aisance, de fluidité au fur et à mesure que l'histoire avance, que l'intrigue se dénoue.
Ce que j'aime chez Giono? Son style inimitable. Avec lui les mots chantent, crient, pleurent.Il sait leur donner une autre dimension, un autre sens.
J'aime ses personnages, tellement beaux, tellement fiers. J'aime cet amour pudique, ces passions discrètes, cette émotion qu'on enfouit et qui surgit brutalement, comme la nature de ce beau
pays.
On parle beaucoup de l'Asie, du raffinement de sa culture., de la simplicité Mais en grattant bien, on a aussi de bien belles choses chez nous, sous des abords plus frustes. Il suffit de
savoir regarder ce qu'il y a derrière l'apparence.
"J'étais au bout de la ficelle d'amitié amarrée dans nos deux coeurs ; encore un pas et elle cassait.
Et j'ai fait ce pas en arrière, et je suis parti.
Vous dites?