"Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois" Pierre Dumayet
Genre : doux délire historique
En un mot :
Difficulté de lecture:
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L’histoire : Une aventure fantaisiste tout en rebondissements autour de la reine Marie-Antoinette et de son péché avec le "nègre Zamor" qui a fait naître un petit garçon léopard. Le 16 octobre 1793, elle a douze heures pour le retrouver.
Mon avis : c’est mon premier Picouly. Je trouve le monsieur très agréable à écouter mais n’avais jamais eu l’occasion de le lire.
J’ai adoré la fantaisie qui se dégage de ce roman, délicieusement anachronique. Impression que l’auteur nous fait des clins d’œil, qu’il s’amuse follement à écrire ce roman. En tous cas je me suis bien amusée à le lire.
Au delà de la fantaisie il y a aussi les dernières 24h de Marie-Antoinette. L’histoire a jugé la reine. Ici nous passons quelques heures avec la femme. Incroyablement touchante.
De la fantaisie, de l’émotion, cela aurait suffi à de nombreux auteurs. Mr Picouly s’offre le luxe d’un suspens très efficace. J’ai eu la même sensation qu’en regardant Titanic. On sait très bien comment ça va finir. Mais juste pour cette fois on voudrait bien que l’inéluctable n’ait pas lieu…
Quel merveilleux auteur, qui sait se montrer déroutant au détour d’une page pour mieux faire surgir l’émotion qui était en embuscade à la suivante.
« Le petit jour a décidé de se lever chaque matin auprès d’une femme différente. Aujourd’hui ce sera à la prison de Sainte-Pélagie.[…]. Là, au milieu de cette façade de pierre grise, le deuxième étage, juste sur l’angle bas de la deuxième fenêtre, c’est l’infirmerie. A l’intérieur Mme Roland veut mourir.
[…] Le petit jour essaye de lui donner envie de vivre, avec simplement quelques rayons rasants. Il vient à elle et se déplace doucement sur le visage et le long du cou, pour lui rappeler le souvenir d’une caresse. Mais elle le chasse.[…]
Le petit jour s’en veut. Il aurait du choisir de se lever près de la reine. Ce n’est peut-être pas trop tard. Il se lève, file et vole. Mais quand il se pointe tout essoufflé à la Conciergerie, la reine a la tête dans les mains. Sa lettre est déjà terminée. Elle est posée sur la table, la bougie brûle encore. Il gratte à la vitre pour attirer son attention…. Toc ! Toc ! Toc… Madame ! Madame !... C’est moi je suis là !... La reine le verra. Elle sera surprise. Oh, mon Dieu, vous êtes là ! J’allais vous manquer… Et elle ajoutera au bas de sa lettre… Post-scriptum… le jour se lève…
Mais Marie-Antoinette ne le regarde pas. Ce n’est pas de chance, il ne se lèvera ni auprès de Mme Roland, ni auprès de la reine. […]
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Oh mon Dieu, je l’ai manqué !
Marie-Antoinette s’en veut. Elle a laissé passer l’instant où le jour est entré dans le cachot. L’instant exact. Il n’y en aura jamais d’autre. »