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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 08:11

L'histoire (quatrième de couverture):

Au coeur de Barcelone, dans un immeuble déserté, deux écrivains tentent de finir leur livre. L'un Miquel Rovira, obsédé par la langue et la culture Catalane, consacre toute son énergie créatrice à un ambitieux premier roman. L'autre, Ramon Balaguer, se refuse à quitter les lieux malgré le harcèlement du principal propriétaire de l'immeuble. Rovira écrit en catalan, Balaguer en castillan : chacun défend fièrement la langue qu'il a choisie, et bientôt deux conceptions de la littérature s'affrontent. Aussi, quand Balaguer s'éprend de la petite amie du jeune romancier, le triangle amoureux suscite une nouvelle et cruelle rivalité, à l'issue inattendue.
Cet ouvrage a reçu le pemier prix des lettres catalanes, le prestigieux prix Ramon-Lull 2009.

Mon avis:
Pour être honnête, quand j'ai reçu le livre je me suis demandé quelle idée saugrenue m'avait poussée à le commander : je n'ai aucune connaissance particulière sur l'Espagne, ou le Catalan, la couverture...bof et l'histoire semblait s'adresser à des lettrés ou du moins à des personnes ayant la culture suffisante pour appréhender la portée du texte.
C'est armée de beaucoup de courage que je me suis plongée dans la lecture... pour découvrir un livre facile à lire, agréable.
J'ai été rapidement happée par l'histoire, les personnes ont pris corps.
Mais tout doucement, sans m'en apercevoir, quelques questions s'infiltrent dans mon esprit... Sans tapage, sans effet de manche.
Bref, tout ce que j'aime...

Dans ce roman s'oposent deux conceptions de la littérature (je vous laisse le plaisir de les découvrir;)). Rapidement j'ai eu la sensation que Carles Casajuana préférait celle de Rovira : il montre Balaguer comme un auteur besogneux pour lequel chaque ligne est produite au prix d'un effort incroyable. On imagine que son texte est rigide. Grande frustration d'ailleurs de ne pas pouvoir le lire. Pourquoi les opposer d'ailleurs? Ne pourraient-elles pas se compléter, s'enrichir? D'ailleurs...

J'ai aimé l'idée du roman dans le roman. On voit le roman de Rovira se créer sous nos yeux, les parallélismes se construire.

J'ai aimé les nombreux passages sur le travail d'écriture. La nécessaire subtilité pour faire passer ses idées. Je suis une grande admiratrice des auteurs capables d'exprimer des idées complexes dans un langage simple et limpide.
"Au lieu de sonner et de remettre le message en main propre, il faut le glisser sous la porte" (p.157).

J'ai aimé la réflexion sur la langue catalan, son évolution, sa place de "langue domestique" , les questionnements sur les raisons qui la feraient disparaitre  (d'ailleurs je vous parie que vous ne résisterez pas à l'envie de faire des recherches sur l'histoire du catalan). Le tout présenté avec beaucoup d'originalité et sans lourdeur ni pompe.
Je ne pense d'ailleurs pas que les deux auteurs ont fait le CHOIX d'écrire en castillan ou en catalan comme il est dit dans la quatrième de couverture. Rovira fait un choix quasiment idéologique mais Balaguer est le fruit d'une évolution et ne fait que ce qui lui semble évident. Je n'y vois aucun choix.

Mais j'ai été terriblement frustrée.
Frustrée de ne pas pouvoir comprendre les subtilités sur les différences entre le Castillan et le Catalan. J'ai pris pour argent comptant ce que les personnages en disaient mais j'aurais aimé saisir la différence entre un texte écrit en catalan et le même écrit en castillan.
Frustrée de ne pas pouvoir échanger sur ce livre car je pense que certaines choses m'ont échappé. Notamment la place de la relation avec Rosa dans tout ça.

Mais surtout frustrée par la fin... Je l'ai trouvée incongrue. Si quelque passant pouvait m'éclairer ça m'arrangerait bien.


Merci à Blog-o-book et aux éditions Robert Laffont de m'avoir fait découvert ce roman à côté duquel je serais, hélas, passée.

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Published by touteseule - dans Littérature espagnole
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commentaires

Daniel Fattore 27/10/2009 14:40


La fin? Peut-être, pour l'auteur, une manière de botter en touche en obligeant Balaguer, pour finir, à parler français - donc à s'habituer à une nouvelle langue, comme il devra s'habituer à un
nouveau domicile?

Pour le reste, difficile également, pour moi, de donner un vrai rôle à Rosa. Si ce n'est pour mettre en perspective l'importance relative de l'écriture?

En tout cas, merci de votre passage sur mon blog! Je m'en vais explorer le vôtre.


Flo_boss 25/10/2009 19:42


Je te rassure, moi aussi, je suis resté frustré par la fin. A vrai, elle m'a complètement échappé. Selon moi, ce livre n'a tout simplement pas de fin, comme le débat que soulève Casajuana... Il y a
de bonnes choses dans la problématique du livre, mais je suis un peu comme toi... bof... Ca doit se ressentir je pense dans mon billet ;)

J'aime beaucoup en tout cas ta réflexion sur le livre. Elle est beaucoup plus riche que les conclusions que j'ai pu faire de mon côté. Je crois sur j'ai vraiment gardé un goût amer de la fin de ce
livre...

Très chouette blog en tout cas. J'aime beaucoup ton style!


Nini 22/10/2009 10:25


En lisant la 4eme couverture ca donne pas vraiment envie - je l'avais deja lu sur le site de blog-o-book - mais en lisant comment tu en parles ca me tenterais bien d'essayer. Je le note dans ma LAL
:)


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Je ne sais quel hasard vous a amené vers ces pages mais je préfère être honnête avec vous. Vous ne trouverez ici:

                                  - Ni analyse littéraire aussi intelligente que complexe,

                - ni étude approfondie de chaque ouvrage.


 

Qu'ai-je donc à vous proposer?     


Partager mes coups de coeur coeur-73.gif, mes coups de gueule, mes "bof...".


 Echanger sur ces mêmes coups de coeur, coups de gueule, coups de "bof...", parce que, tous ces livres, qu'on les ait aimés ou pas ont été écrits par un auteur qui a mis son coeur et méritent, pour la plupart qu'on les fasse vivre le plus possible.

marguerite.jpg


           Essayer de retranscrire ce petit instant inimitable qu'on vit quand on lit le dernier mot de la dernière phrase de la dernière page d'un livre.


Cet instant de tristesse, de vide incommensurable  à l'idée de quitter un univers qu'on avait plaisir à retrouver jour après jourhp7.gif. Cette déception terrible quand on se retrouve face à une chute bien plate9782221113073.gif ou au contraire cette explosion d'émotions qu'un immense talent nous procure en quelques mots 9782253115540 .

Ou le soulagement que le pensum arrive enfin à son terme9782266164573.

 

 

 

Ce blog est ma mémoire, ma petite bibliothèque intérieure.

 


 

Je vous en prie, choisissez un livre et asseyez-vous pour le feuilleter tranquillement.


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